Le Vase

Carnet de poésie

1 mai 2026

Le vase

Vase rapiécé,
Ta porcelaine est défigurée par les fêlures,
Pensais-tu réellement que la colle,
Restaurerait ces abominables cassures ?

Regarde les gésir au sol,
Ces fragments de toi pulvérisés
Poussière qui virevolte et s’envole
De ton essence à jamais dérobés.

Incontinent, tu laisses couler ta douleur,
A travers tes innombrables fissures,
Ta carcasse s’étiole et perd sa vigueur,
Esclave de ses abondantes blessures.

Haut les cœurs, figurine abîmée,
Il n’y a pas de mal à être un vestige,
Babylone aussi fût décimée,
Et elle n’en perdit pas son prestige.

Ne pleure pas tes morceaux en miette,
Fais comme le ciel qui porte en son sein,
Ses étoiles, telles des milliers de paillettes
Pare-toi de tes tourments assassins.

Remplis tes zébrures de rivières d’or
Affiche-les fièrement à la vue de tous,
Ces sillons de peine sont tes trésors,
Carburant de la motivation qui te pousse

Renonce à ta vaine quête de plénitude,
Ton entièreté est désormais ta fracture,
Ta mélancolie t’emplit d’incertitude,
Mais elle te guide autant qu’elle te torture.

Feuilleter d’autres carnets