Ca veut dire quoi être artiste ?

Feuilles volantes

21 juillet 2026

Ca veut dire quoi être artiste ?

A quel moment peut on se considérer artiste ?

C’est un mot empreint d’une grande exigence. Un mot qui appelle le talent. Un mot qui, auto proclamé, suppose qu’on a confiance dans l’art qu’on produit, que l’on considère ses créations comme des œuvres esthétiques.

Car il y a de ça dans l’art. La promesse du beau, d’une création qui émeut, séduit, interpelle.

Malgré la publication d’un livre, et une vingtaine de peintures réalisées ces cinq dernières années, j’ai bien du mal à endosser ce mot. Surtout, en tant que créatrice autodidacte.

Mes œuvres n’ont pas encore rencontré le succès qui ferait taire les doutes. Le sentiment d’un manque de légitimité est partagé par de nombreux créatifs, même chez les écrivains ayant obtenu une reconnaissance publique. Est-il possible de s’en défaire un jour ? La création touche à ce qu’il y a du plus viscéral en soi. Déloger le doute du siège passager est, semble-t-il, le travail d’une vie.

Comme le peintre qui passe et repasse sur une toile pour la parfaire, il m’arrive de passer des heures à perfectionner une phrase, à chercher les mots justes.

Car les mots sont comme des mains invisibles qui font vibrer la corde de l’âme. Ils font naître l’émotion qui ondule et se dépose sur nos cœurs. Ceux qui savent manier cet instrument-là, les mots, me remuent les entrailles. Et je veux à mon tour, maîtriser cet art.

Lors de la correction de mon 2ème roman, j’ai rencontré une impasse. Tout ce que j’écrivais me semblait médiocre. J’ai commencé à me demander si j’étais vraiment faite pour écrire et l’idée de jeter l’éponge m’a plus que traversé l’esprit.

J’ai changé de méthode, repris mon texte paragraphe par paragraphe pour me donner une dernière opportunité de réussir. Puis le soir du 13 mai 2025, une réalisation a enfin percé le brouillard.

Écrire s’apprend. Certains sont peut être nés avec un talent, mais pour nous autres, c’est une compétence comme une autre qui demande de la pratique. Surtout pour une personne qui a remplacé sa langue maternelle par le français, et qui, 22 ans après, en découvre encore les subtilités.

De par ma nature multi-passionée, j’ai tendance à abandonner les projets qui prennent trop de temps de mise en œuvre. Étais-je donc prête pour une vie d’apprentissage ?

Oui. Évidemment que oui !

Je veux et j’accepte de passer ma vie entière à perfectionner mon art.

Voilà à quel point écrire me tient en vie.

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